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Vendredi 3 novembre 2006 5 03 /11 /2006 16:16
Sir David King, Conseiller Scientifique du Premier Ministre Tony Blair, déclarait en janvier 2004 que la menace du changement climatique était plus sérieuse, pour l’avenir de la planète, que celle du terrorisme. Tony Blair a, depuis, annoncé que l’une des deux priorités de la présidence du Royaume-Uni du G8 et de l’Union Européenne serait attribuée à cette problématique. L’autre priorité étant l’aide au développement du continent africain. L’« Environment, Food and Rural Affairs Committee » a donc décidé de faire une analyse approfondie de cette question. Cette analyse prend un soin particulier à l’étude de nouvelles politiques permettant au Royaume-Uni de respecter les engagements nationaux et internationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de participer ainsi à l’élaboration du nouveau « UKCCP » attendu en 2005. 1.1. Pourquoi le changement climatique est-il une problématique importante ? Pour préparer la présidence du G8 et de l’Union Européenne, Tony Blair avait souhaité la tenue d’une conférence scientifique sur le changement climatique intitulée Prévenons un changement climatique dangereux (« Avoiding Dangerous Climate Change »), qui s’est déroulée à Exeter en février 2005. On peut retenir des trois jours de présentations et de discussions un large consensus scientifique sur le lien entre les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines et le changement climatique. Globalement, les impacts semblent plus importants qu’initialement prévus, notamment l’acidification des océans et les conséquences sur la vie marine, l’arrêt potentiel de la circulation thermohaline de l’Atlantique Nord et la fonte de la banquise en Antarctique (cf. Actualités Scientifiques au Royaume-Uni Février 2005, p.33). En 2001, le groupe de travail intergouvernemental sur le changement climatique (« Intergovernmental Panel on Climate Change », IPCC) avait déclaré qu’une augmentation de la température moyenne de 0,6°C par rapport à l’ère préindustrielle se manifesterait par une hausse de vagues de chaleurs accompagnées d’une hausse de la mortalité, une diminution des ressources en eau potable et une accélération des phénomènes climatiques extrêmes. De fait en 2003, alors que l’on note une température moyenne terrestre supérieure de 0,6°C à celle de l’ère préindustrielle, l’Europe a affronté une vague de chaleur qui a décimé 30 000 personnes, la calotte arctique a diminué de 15 à 20 % et les glaciers du Groenland perdent 10 mètres par an ; on constate également une amplification générale en fréquence et en intensité des catastrophes naturelles. Par exemple, la digue installée sur la Tamise en aval de Londres pour protéger la capitale britannique des marées de fortes amplitudes aggravées par des conditions météorologiques est aujourd’hui utilisée en moyenne 6 fois par an, alors qu’au début des années 80 elle l’était moins d’une fois. Notons aussi l’importance du phénomène d’Assombrissement Global (« Global Dimming ») : la pollution de l’atmosphère par des nuages de particules réduit la quantité d’énergie parvenant à la surface terrestre puisqu’une partie du rayonnement solaire est réfléchie par ces particules. Ce phénomène a pour effet le refroidissement de la planète. De nombreux scientifiques s’accordent à dire que l’Assombrissement Global a dû masquer en partie le réchauffement terrestre. C’est pourquoi, l’amélioration de la qualité de l’air indispensable pour la santé publique va sans doute aggraver le problème de réchauffement climatique. 1.2. Les objectifs gouvernementaux Les objectifs gouvernementaux actuels pour réduire ces changements climatiques sont les suivants :   en 1997, le gouvernement a décidé de réduire d’ici à 2010 ses émissions de CO2 de 20 % par rapport à 1990. Le Livre blanc sur l’énergie (« Energy White Paper ») publié en 2003, ajoute que, d’ici à 2050, ces émissions devront être réduites de 60 %. Toutefois, les prévisions du Ministère de l’Industrie (« Department of Trade and Industry », DTI) semblent indiquer que le Royaume-Uni n’atteindra pas cette cible : d’ici à 2010 les émissions de CO2 ne devraient diminuer que de 14 % et à l’heure actuelle seule une diminution de 7,2 % a été réalisée ;   l’obligation d’énergies renouvelables (« Renewables Obligation », RO), introduite en 2000, impose que 10,4 % de la production de l’électricité britannique soit obtenue par le biais d’énergies renouvelables d’ici à 2010 et 15 % d’ici à 2015 (décision gouvernementale annoncée en décembre 2003). Là encore, le Royaume-Uni est en retard sur ses objectifs puisque, pour 2003-2004, ces énergies renouvelables contribuaient à 2,4 % de la production au lieu des 4,3 % espérés ;   le Protocole de Kyoto, signé par 171 pays et en application depuis février 2005, impose une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 12,5 % entre 1990 et 2008-2009. En 2003, les émissions de gaz à effet de serre au Royaume-Uni étaient en retrait de 14 % par rapport à 1990. 1.3. Comment agir ? Il existe deux stratégies possibles pour lutter contre le changement climatique :   la substitution (ou mitigation) : stratégie à long terme impliquant la diminution de la quantité des gaz à effet de serre pour réduire le changement de climat ;   l’adaptation : stratégie visant à réduire les impacts du changement de climat. Ces deux stratégies sont complémentaires et doivent être appliquées en parallèle. En effet, plus la stratégie de substitution sera négligée, plus la stratégie d’adaptation sera difficile à mettre en place. Notons que la « Biosciences Federation » insiste sur le développement de stratégies d’adaptation en urgence pour les problématiques d’écosystèmes et de biodiversité.
Par Laurie - Publié dans : aide-environnement
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